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Les thèses de doctorat en préparation

Fiche résumé

Thèse de doctorat

Mme
OLLIVIER
Anne-Laure

WIEVIORKA Olivier
directeur de thèse
Laboratoire :
ISP

Inscription DEROGATOIRE en quatrième année de thèse

Titre :
Gaston Defferre. Un socialiste face au pouvoir, de Marseille à l'élection présidentielle de 1969 (1910-1969)

Résumé


Histoire politique - XXe siècle: France

Biographie politique qui se situe au croisement de:
histoire du parti socialiste;
histoire des élites politiques:
histoire de la Résistance;
histoire de la presse;
histoire de la décolonisation;
histoire politique de la IVe République et de la République gaullienne

Analyse d'une carrière politique sous quatre aspects:
1) L'héritage de la Résistance
2) L'interface entre politique locale et politique nationale;
3) Le socialiste (identité politique, notabilité...)
4) L'homme d'Etat (principalement à travers la décolonisation; retour sur la loi-cadre de 1956)

A travers la figure de Gaston Defferre, acteur politique majeur de l'après guerre français – sans avoir jamais joué les premiers rôles –, la thèse se propose d'étudier les ressorts d'une carrière politique, en prêtant attention au rôle des impératifs locaux dans les positionnnements et les actions politiques nationaux, et en la plaçant au miroir des enjeux (locaux, nationaux et à certains égards, internationaux), qui structurent la période: la deuxième guerre mondiale et la Résistance, la guerre froide, la décolonisation et la construction européenne, la restructuration de la gauche non communiste après l'avènement de la Ve République. Ce faisant, ce travail revient sur des questionnements actuels de l'histoire politique (histoire des élites socialistes et importance d'une histoire "par le bas", histoire de la décolonisation de l'Afrique noire, histoire de la presse française, histoire de la recomposition de la gauche et du réformisme...).


1) Mobilisation politique de la résistance comme ressource: rôle majeur dans affirmation locale, nationale ainsi qu'au sein de la SFIO à la Libération. Mais Defferre cesse de mobiliser cette ressource sur le plan local en 1953, au moment même où il retrouve le fauteuil de maire de Marseille. Sur le plan des idées, l'héritage semble assez mince au fur et à mesure que s'éloignent les temps héroïques (ex de la presse). C'est en matière de décolonisation que Defferre montra une certaine fidélité pour les idéaux apparus durant les années sombres (qui sont aussi à ses yeux des idéaux socialistes). Pour autant, l'héritage ne disparaît pas totalement: la mémoire résistante est réactivée en temps de crise (Suez, 1958 et retour DG); elle fonctionne d'une façon plus générale comme grille d'analyse de la vie politique (particulièrement du système partisan); elle intervient enfin exceptionnellement pour légitimer la violence politique, lorsque la République est en danger (Algérie et lutte contre l'OAS).
2) L'enracinement local, condition de longévité politique.
L'enracinement marseillais doit être situé dans le temps: Defferre n'affirme pleinement son leadership qu'à partir des années 1959-1962. Progressivement, il cherche à cloisonner vie politique locale et nationale (mais des enjeux locaux apparaissent à des degrés divers lorsqu'il est ministre): leur interférence est très souvent délicate et fragilise l'homme politique: elle n'est pas étrangère à son échec à la candidature à l'élection présidentielle de 1965. Par conséquent, si l'enracinement local apparaît comme une condition de longévité politique, un ancrage trop important ne peut-il pas apparaître comme un handicap à la construction d'un destin national? Maire de Marseille, "baron" local, Defferre a aussi piteusement échoué à l'élection présidentielle de 1969: réflexion sur l'ambition politique et typologie de l'échec en politique.
3) Notable et socialiste:
L'identité socialiste de Defferre est nourrie d'anticommunisme et d'antifascisme, renforcés par l'expérience résistante. Le protestantisme culturel et la mémoire Camisarde de Defferre lui donnent une certaine originalité.
Le contrôle de la fédération socialiste des Bouches-du-Rhône: rôle de la possession d'un journal, le Provençal, et de la mairie, dans l'affirmation du leadership de Defferre. Contrôle progressif, non sans à coups. De ce point de vue, revenir sur l'idée d'un fief puissant et en vase-clos par rapport à la direction parisienne de la SFIO: Defferre mobilise sa légitimité nationale, et fait appel au centre du parti, à Paris, pour asseoir sa domination à Marseille.: "onction" parisienne.
De même, revenir sur les rapports avec Guy Mollet: ceux-ci n'ont pas toujours été empreints d'une hostilité réciproque et violente. Distinctions chronologiques et ressorts de cette opposition.
Enfin, la carrière de Defferre témoigne d'une constante fidélité au parti socialiste: le parti constitue certes, un des socles de sa carrière. Mais cette fidélité repose également sur une conception - blumiste et républicaine - du rôle des partis dans la vie politique en démocratie. Enfin, on ne saurait négliger la part d'attachement sentimental dans cette fidélité.
4) Un homme d'Etat? La question nécessite, une fois encore, d'opérer des distinctions chronologiques. Dans la Résistance et à a Libération, confusion entre intérêt général et intérêt socialiste: Defferre se trouve à la pointe du combat pour conférer au PS le contrôle des principaux leviers de l'Etat. Il évolue et prend une dimension nouvelle face à la décolonisation: courage et volontarisme politique, efficacité politique sous la IVe République, particulièrement sensible avec la loi-cadre. Une loi pour amener les colonies l'indépendance? Pas forcément, et en tout cas pas dans l'immédiat, dans l'esprit de Defferre. Le ministre cherche (et obtient dans une large mesure) un consensus politique autour de la loi. Celle-ci vise dans son esprit à gagner du temps (éviter une nouvelle guerre, funeste à la IVe République) et à réserver l'avenir: recherche d'une troisième voie entre indépendance et statu quo (éviter l'indépendance-sécession: soit réformer pour mieux rester, sous une autre forme que la domination politique et économique directe que représente la colonisation, soit au pire, partir pour mieux rester (coopération).


Rédaction chapitres I-X (1000 pages). Rédaction du dernier chapitre en cours.
Enseignante à temps plein en lycée technique (LPO René Auffray, Clichy)
Soutenance prévue pour le printemps 2011 (date en train d'être arrêtée avec le directeur de thèse).

Biographie politique qui se situe au croisement de:
Histoire du parti socialiste;
histoire des élites politiques:
histoire de la Résistance;
histoire de la presse;
histoire de la décolonisation;
histoire politique de la IVe République et de la République gaullienne

Analyse d'une carrière politique sous quatre aspects:
1) L'héritage de la Résistance
2) L'interface entre politique locale et politique nationale;
3) Le socialiste (identité politique, notabilité...)
4) L'homme d'Etat (principalement à travers la décolonisation; retour sur la loi-cadre de 1956)

1) Mobilisation politique de la résistance comme ressource: rôle majeur dans affirmation locale, nationale ainsi qu'au sein de la SFIO à la Libération. Mais Defferre cesse de mobiliser cette ressource sur le place locale en 1953, au moment même où il retrouve le fauteuil de maire de Marseille.
Sur le plan des idées, l'héritage semble assez mince au fur et à mesure que s'éloignent les temps héroïques (ex de la presse). C'est en matière de décolonisation que Defferre montra une certaine fidélité pour les idéaux apparus durant les années sombres (qui sont aussi à ses yeux des idéaux socialistes).
Pour autant, l'héritage ne disparaît pas totalement: la mémoire résistante est réactivée en temps de crise (Suez, 1958 et retour DG); elle fonctionne d'une façon plus générale comme grille d'analyse de la vie politique (particulièrement du système partisan); elle intervient enfin exceptionnellement pour légitimer la violence politique, lorsque la République est en danger (Algérie et lutte contre l'OAS).

2) L'enracinement local, condition de longévité politique.
L'enracinement marseillais doit être situé dans le temps: Defferre n'affirme pleinement son leadership qu'à partir des années 1959-1962. Progressivement, il cherche à cloisonner vie politique locale et nationale (mais des enjeux locaux apparaissent à des degrés divers lorsqu'il est ministre): leur interférence est très souvent délicate et fragilise l'homme politique: elle n'est pas étrangère à son échec à la candidature à l'élection présidentielle de 1965.
Par conséquent, si l'enracinement local apparaît comme une condition de longévité politique, un ancrage trop important ne peut-il pas apparaître comme un handicap à la construction d'un destin national?
Maire de Marseille, "baron" local, Defferre a aussi piteusement échoué à l'élection présidentielle de 1969: réflexion sur l'ambition politique et typologie de l'échec en politique.

3) Notable et socialiste:
L'identité socialiste de Defferre est nourrie d'anticommunisme et d'antifascisme, renforcés par l'expérience résistante. Le protestantisme culturel et la mémoire Camisarde de Defferre lui donnent une certaine originalité.
Le contrôle de la fédération socialiste des Bouches-du-Rhône: rôle de la possession d'un journal, le Provençal, et de la mairie, dans l'affirmation du leadership de Defferre. Contrôle progressif, non sans à coups. De ce point de vue, revenir sur l'idée d'un fief puissant et en vase-clos par rapport à la direction parisienne de la SFIO: Defferre mobilise sa légitimité nationale, et fait appel au centre du parti, à Paris, pour asseoir sa domination à Marseille.: "onction" parisienne.
De même, revenir sur les rapports avec Guy Mollet: ceux-ci n'ont pas toujours été empreints d'une hostilité réciproque et violente. Distinctions chronologiques et ressorts de cette opposition.
Enfin, la carrière de Defferre témoigne d'une constante fidélité au parti socialiste: le parti constitue certes, un des socles de sa carrière. Mais cette fidélité repose également sur une conception - blumiste et républicaine - de du rôle des partis dans la vie politique en démocratie. enfin, on ne saurait négliger la part d'attachement sentimental dans cette fidélité.

4) Un homme d'Etat? La question nécessite, une fois encore, d'opérer des distinctions chronologiques.
Dans la Résistance et à a Libération, confusion entre intérêt général et intérêt socialiste: Defferre se trouve à la pointe du combat pour conférer au PS le contrôle des principaux leviers de l'Etat.
Il évolue et prend une dimension nouvelle face à la décolonisation: courage et volontarisme politique, efficacité politique sous la IVe République, particulièrement sensible avec la loi-cadre.
Une loi pour amener les colonies l'indépendance? Pas forcément, et en tout cas pas dans l'immédiat, dans l'esprit de Defferre. Le ministre cherche (et obtient dans une large mesure) un consensus politique autour de la loi. Celle-ci vise dans son esprit à gagner du temps (éviter une nouvelle guerre, funeste à la IVe République) et à réserver l'avenir: recherche d'une troisième voie entre indépendance et statu quo (éviter l'indépendance-sécession: soit réformer pour mieux rester, sous une autre forme que la domination politique et économique directe que représente la colonisation, soit au pire, partir pour mieux rester (coopération).

cf. ci-dessus

Production scientifique

Acte de conférence internationale


"Mai 68 à Marseille: un calme trompeur", dans Julian Jackson (dir)., Mai 68, actes du colloque "mai 68 en France et dans le monde" ( à paraître)

Acte de conférence internationale


« Die sozialistische Opposition gegen den Gaullismus von 1959 bis 1969 », dans : Deutsch-französisches Institut, Frankreich Jahrbuch 2007. 50 Jahre V. Republik, Wiesbaden, VS Verlag für Sozialwissenschaften, 2008, p. 77-89.

Acte de conférence internationale


« L’opposition parlementaire en République gaullienne. L’exemple de Gaston Defferre, président du groupe socialiste à l’Assemblée nationale, 1962-1968 », Actes du 54e Congrès de la CIHAE, Assemblée Nationale, 2010.

Livre, chapitre de livre


« Gaston Defferre » dans : Andrieu, Braud, Piketty (dir.), Dictionnaire Charles de Gaulle, Paris, Robert Laffont collection « Bouquins », 2006.

Livre, chapitre de livre


« Gaston Defferre », dans Claude Pennetier (dir.), Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier français, Paris, Editions de l’Atelier, 2008.

Livre, chapitre de livre


« Le socialisme dévoyé ? Gaston Defferre, notable socialiste », dans : François Audigier, David Colon, Frédéric Fogacci (dir.), Le renouvellement de l’histoire des partis. (A paraître, PUS)

Revue nationale à comité de lecture


"Battre l'homme providentiel? Monsieur X contre le général de Gaulle", Parlements, 2010

Revue nationale à comité de lecture


« Entre Europe et Afrique : Gaston Defferre et les débuts de la construction européenne », Terrains et travaux, n° 8, 2005.

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